Inventer une nouvelle sagesse
Maintenant que la foi aveugle et naïve en l'onipotence de la raison et de la Science est enfin dénoncée concrètement par les impasses et les manques immenses qu'elles ont suscités, il est temps de songer à une nouvelle sagesse, non pas contre la Science comme le voudrait les nostalgiques d'un << bon vieux temps >> bucolique, mais au-dessus est au-delà d'elle.
Sagesse...
Nous vivont aujourd'hui dans un monde d'abondance matérielle même s'il faut continuer de combattre la misère qui ronge une minorité de plus en plus exclue. Mais cette abondance ne parvient plus à masquer les immenses carences immaatérielles: qu'elles soient éthiques, sociétales, philosophiques, spirituelles ou religieuse. Plus nous devenons riche, plus nous sommes drogués, déprimés et suicidaires. (Note Aman: Lao Tseu disait: << Celui qui ne possède rien, obtiendra tout >> ).
Paradoxe.
L'homme ne vi pas que de pain, répète depuis si longtemps la sagesse biblique. Notre époque le démontre à suffisance, partout dans notre Occident déliquescent.
Sagesse, donc.
Être << sage >>, ce n'est pas forcement être un << enfant sage >>, soumis, obéissant, (politiquement) correct, coi. En nos temps de misère idéologique et de délitement démagogique, être << sage >> signifie probablement plus être soumis et iconoclaste, incorrect et rebelle. La sagesse, trop longtemps, fut aussi synonyme de prudence, de calcul savant, de << raison >> - au sens d" être raisonnable >> : ce ne pourrait être le cas en nos temps de turbulences qui réclament toutes les audaces, toutes les mutations et tout les risques. Par sagesse, souvent au sens moral, l'on entendait la défense et la promotion de valeurs, d' idéaux censés transander l'étroitesse de nos vie étriquées : le << sage >>, alors, est le héraut ou le héros d'une certaine philosophie morale, sinon d'une moralité certaine.
Plus généralement, la sagesse de demain ne pourra se réduire à une éthique, quel qu'en soit le contenu. La fixité et la simplicité des valeurs << idéales >> sont incompatible avec la turbulence et la compléxité des mondes réels. Toute réflexion éthique, quel que soit le comité de << sages >> qui en a la charge, ne peut déboucher que sur des principes et des règles qui ne reflèterons que les cécités, les ignorences et les carences de ceux qui les édictes en plein bonne volonté.
Bien plus, que peuvent des mots, des raisonnement, des idées face aux violences et au mal-être ou mal de vivre de temps de contemporains, toutes classe confondues. La souffrance, le sentiment terrible d'être passé à coté de la vie, de Sa vie, ne peuvent durablement se satisfaire de sentences, aussi judicieuse et profondes soient-elles.
Toutes sens anciens des mots << sage >> et << sagesse >> me paraissent obselètes. La sagesse que réclame notre monde pourrissant est d'une autre nature. Elle n'est ni réponse définitive, ni comportement exemplaire: elle ne peut se réduire à quelque stéréotype que ce soit, aussi sublime ou pure soit il. Elle est bien plus une méthode à vivre qu'une parole à entendre. Je rêve en fait du sagesse qui permettrait à chacun de vivre Sa vie à lui, d'aller au bout de lui même, de déployer à leur maximum tout les potentiels et talent enfouis au fond de lui. Il ne sagit plus tant de détenir des << vérité >> sages que de pratiquer une sagesse de vie. La sagesse stoïcienne ou épicurienne doit céder le pas à un sagesse taoïste ou zen.
Sagesse à naître. Sagesse à inventer.
Non pas contre, mais au-delà des philosophies anciennes. Comme la maïeutique d'un nouvelle homme, d'une nouvelle humanité, d'un autre << vivre enssemble >>, mais surtout d'un nouveau vivre soi-même, loin des eratz artificiels et des ivresses illusoires de ce monde de consommation effrénées et de plaisirs médiocres. Une méthode de vie qui ne fermes rien, mais ouvre tout, qui ne rejette rien, mais anoblit tout, qui ne hait rien, mais qui détache de tout. Alors notre sagesse sera cette apprentissage de la vrai Liberté, loin de tous esclavages, extérieurs et intérieurs, et de la foi pure, loin de toutes idolâtries religieuse ou laîques.
Devons-nous réapprendre à vivre la vie? De font en comble !
Notre monde humain a atteint une taille, un volume et une compléxité tels que nous sommes face à terrible effet de seuil. Ou bien nous réussissons à vivre autrement et nous passerons le cap. Ou bien nous ne changeons pas assez et nous sommes vouées à disparaître dans un cataclysme quelconque. Il n'est plus question ici de réforme ni de progrés ni d'amélioration ou de corrections : il sagit de rupture radicale, de mutation en profondeur, de métamorphose. L'homme-chenille doit devenir homme-papillon... Et le monde du papillon na rigoureusement RIEN à voir avec celui de la chenille. Passage de deux dimensions à trois. Passage de la préparation au vol. De la terre matérielle à l'air immatériel. Nous voici, littéralement, au pied du mur. La chenille ne devient pas bymphe meurt. Irrémédiablement. Incontournablement. Et toutes ses prières, tous ses voeux et ses grisgris n'y feront rien.
Il sera imssible de faire éclore cete nouvelle et indispensable-vitale-sagesse de vie sans renoncer à tout les repères d'antan et aujourd'hui. Nos mots sacrés t tabous, nos mots cathédrale d'aujourd' hui ne diront bientôt plus rien à ceux qui survivront. Répétons-le : cette sagesse à naître n'est pas, ne sera pas une sagesse faites e mots. Elle ne tiendra pas dans les livres. E t ne s'apprendra pas à l'école - du moins cette école que nous connaissons encore.
Répétons-le aussi: elle sera une pratique de vie, une plongée dans la vie, dans l'instant, loin de tout anthropocentisme. L'homme devra apprendre à s' effacer, lui et son ego surdimensionné, et faire place, en lui et autour de lui, à la vie sous toutes ses formes.
Il faudra aussi qu'il déssaprennes pour connaître et enfin vivre le réel. Et qu'il se désintoxique- ce qui sera aussi pénible et douloureux qu'une cure de de désintoxication pour un alcoolique ou un toxicomane - de toutes ses illusions, de tous ses orgueils, de tous ses caprices d'enfant gâté. Il sera sevré de tout l'artificiel dans lequel il a cultivé ses schizophénies.
Cette sagesse nouvelle n'est écrite nulle part: elle attend au fond de nos coeur que nous venions l'y activer. Elle est là, à portée de main, dans chaque instant, plein de richesse que nos aveuglements nous masquent. Pour cela, il faut apprendre à lâcher prise, à relativiser ce que nous coryons essentiel et qui en réalité, n'est que la course à l'illusoire.
La vie est ici est maintenant: ni dans le passé, ni dans le futur, ni dans l'au-delà. Elle est QUE là, dans chaque instant. A force de vivre pour demain, l'on ne vit jamais réellement: or seul maintenant est réel, car demain ne sera peut-être jamais.
Sagesse nouvelle. Sagesse éternelle. J'entends Lao Tseu et ses potes qui rigolent...
Tiré du livre: Le taoïsme
AMAN